« Décret Photoshop », avez-vous une tête de retouché ?

Décret Photoshop

Le Décret Photoshop est avant tout une mesure prise pour les photos de mode

Les publicités de mannequins qui inondent les magazines français sont toutes réalisées à partir de photos retouchées. Nous le savons tous, enfin j’espère. Comme disent les ados, « dans la vraie vie les gens ne sont pas comme ça ! ». Spécialistes de la suite Adobe et donc de Photoshop chez Hookipa, nous sommes les premiers à avouer retoucher absolument toutes les photos intégrées dans nos maquettes, visages, paysages, tubes de dentifrices, chaudières… Inconsciemment, une norme esthétique, féminine comme masculine, est ainsi imposée aux lecteurs, en particulier les très jeunes. Ce nouveau Décret Photoshop est une bonne chose. Elle n’enlève rien à notre savoir-faire et à la beauté des documents, encore faut-il être transparent avec la cible. Les beaux ciels bleus intégrés et les l’élimination du linge qui sèche sur un balcon resteront toujours plus vendeurs !

Les personnes sans défauts physiques telles qu’on nous les affiche dans les magazines ou aux arrêts de bus n’existent pas ! Jambes galbées, teint éclatant, silhouette avantageuse, dents parfaitement blanches… tous ces atouts très vendeurs (ou pas) font l’objet de plusieurs heures de travail à la tablette graphique (lumières, textures, volumes, greffes…).

Tous ces beaux jeunes hommes et tous ces belles jeunes femmes mentent aux lecteurs et lectrices de ces périodiques en leur projetant une image erronée du corps humain. Or, cela peut avoir des effets délétères sur le comportement d’individus fragiles ou facilement influençables, notamment pendant l’adolescence, en les incitant subrepticement à se caler à des standards esthétiques inaccessibles. Le décret photoshop est donc là pour ouvrir les yeux, les bons à tous les lecteurs.

Le « Décret Photoshop » :

Face à cette problématique, le gouvernement a pris la décision d’imposer, à partir du 1er octobre 2017, la mention « photographie retouchée » sur tous les clichés à usage commercial, « lorsque l’apparence corporelle des mannequins a été modifiée par un logiciel de traitement d’image, pour affiner ou épaissir leur silhouette », explique le ministère de la santé.

Une mention obligatoire dès octobre 2017

« L’exposition des jeunes à des images normatives et non réalistes du corps entraîne un sentiment d’autodépréciation et une mauvaise estime de soi pouvant avoir un impact sur les comportements de santé », rappellent les services de Marisol Touraine. Il faut donc agir « agir sur l’image du corps dans la société pour éviter la promotion d’idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l’anorexie chez les jeunes ».

En conséquence, le décret n° 2017-738 du 4 mai 2017 « relatif aux photographies à usage commercial de mannequins dont l’apparence corporelle a été modifiée » a été publié au Journal officiel ce vendredi 5 mai. Il précise les modalités d’application de l’article L2133-2 du code de la santé publique, adopté dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé (n° 2016-41 du 26 janvier 2016).

La Presse n’est pas la seule concernée

Que dit le Décret Photoshop ?

Que les obligations de l’article L2133-2 sont applicables « aux photographies à usage commercial de mannequins insérées dans des messages publicitaires diffusés notamment par voie d’affichage, par voie de communication au public en ligne […], dans les publications de presse […], dans la correspondance publicitaire destinée aux particuliers et dans les imprimés publicitaires destinés au public ».

La télévision n’est pas concernée.

Le décret poursuit en exigeant que la mention sur la photo soit « apposée de façon accessible, aisément lisible et clairement différenciée du message publicitaire ou promotionnel ». Par ailleurs, « la présentation des messages [doit respecter] les règles et usages de bonnes pratiques définis par la profession, notamment par l’autorité de régulation professionnelle de la publicité ».

C’est à l’annonceur de veiller au respect de ces obligations et de vérifier que les photos qu’il achète ont fait l’objet ou pas d’une retouche sur Photoshop (ou sur tout autre outil de modification d’image). En cas de non-respect de ces dispositions, la loi prévoit une amende de 37 500 euros, voire atteindre jusqu’à presque un tiers (30 %) des dépenses consacrées à la publicité par l’annonceur.

Peut-être verrons nous un jour, à côté de chaque publicité, les photos d’origine. Nous vous invitons à consulter ce lien  ou encore celui-ci, pour prendre conscience du travail effectué et à quel point la réalité est abandonnée.

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